Carte postale 10 : Avenue du Séminaire de Floreffe

avenue du Séminaire de Floreffe

En arrière-plan, à droite, le quartier de l’ancienne bibliothèque et, au centre, le sommet du clocher.
Des deux côtés, « l’avenue du Séminaire de Floreffe », comme le mentionne la légende sous la photo, est bordée d’arbres, plantés depuis peu.
Les deux personnages sont probablement des mendiants. Celui de droite porte une pancarte (peut-être un certificat médical attestant qu’il souffre de tel ou tel handicap, l’empêchant de travailler ?).
La vue est prise depuis l’arcade de la Porte Blanche.

La carte a été écrite le 10 mars 1903. Sur les cartes postales, jusqu’en 1905, on écrivait du côté de l’illustration, l’autre côté étant exclusivement réservé à l’adresse.
Le texte mérite que nous nous y attardions. C’est un élève du Séminaire qui l’écrit à sa sœur (Georgina Hublet, de Monceau-sur-Sambre) et à ses parents.

 

Chère sœur,

Je viens te dire par cette carte, que si maman veux (sic) venir avant le 19 que je pourrai sortir, car à cause du jubilé du Pape Léon XIII Monsieur le Supérieur à pardonner (sic) toutes les punitions.
Donc si elle veut venir jeudi si elle n’a pas le temps de venir le 19, je pourrai sortir.
Donc chers parents et chère sœur recevez les embrassements de votre fils et frère,

                                                                           Georges.

Biens (sic) des amitiés chez Mr. et Mme Roncheaux, ainsi qu’à Edmond. J’attends une réponse et mon bodet.


Il n’était pas rare qu’un événement religieux ou patriotique soit l’occasion de réjouissances pour les élèves. Ainsi, en 1909, les élèves reçurent trois jours de vacances supplémentaires à cause de l’avènement sur le trône d’Albert Ier et la rentrée fut fixée au 6 janvier. Et quand l’évêque de Namur rendait visite à l’école, le programme de cette journée-là était particulier (un repas de fête et une promenade l’après-midi, par exemple, ou un jour de congé supplémentaire).

Ici, le jubilé du pape Léon XIII a entraîné le pardon de toutes les punitions. Le « pardon » et non la « suppression », remarquez la nuance… Les sorties sont donc rétablies : quand la maman de Georges viendra le voir, ils pourront sortir un peu ensemble (Il y avait « parloir » le jeudi).

La visite des parents était une préoccupation constante dans la correspondance des élèves, de même que le « bodet », le panier-valise en osier qui permettait d’apporter ou de rapporter victuailles et linge.

Cherchez bien ce mot dans le dictionnaire, vous ne le trouverez pas. C’est un mot wallon, largement répandu dans le vocabulaire des élèves. Le bodet était encore en usage dans les années 40.

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