Archives pour la catégorie Cartes postales

Carte postale 23 : Les roches

Les roches
Les cachets postaux signalent que cette carte a été envoyée de Floreffe le 27 septembre 1906, entre 13 h et 14 h, qu’elle est arrivée à Namur le même jour, entre 17 h et 18 h.

On voit très bien le château des grottes et la route de Buzet. À côté du château : la fausse ruine qui est un décor romantique.

Venant de la vallée, un sentier monte vers Robersart. Sur ce sentier, un homme marche, d’une allure décidée.

L’homme, les roches, le panorama fait de collines et de bois.

Une carte magnifique.

Carte postale 22 : Séminaire de Floreffe. La cour Verte.

cour verte (3)
La carte postale montre un état ancien de la cour verte, avant son aménagement actuel. L’allée des études, elle, se présente telle que nous la connaissons aujourd’hui, à la différence que, sur la droite, la surface d’herbe n’est pas enserrée de bordures.

La toiture du quartier de l’abbé Dufresne, qu’on voit en face, est dans son état d’origine. Les lucarnes seront remplacées en 1946-47 par les lucarnes actuelles, plus grandes, quand sera aménagé le quartier pour les philosophes. Dans le fronton cintré on voit l’espace vide aujourd’hui occupé par le cadran d’une horloge.
Au milieu de la photo, sur la droite, à l’avant du bâtiment : les WC (construction en longueur, on n’en distingue qu’une partie).

La carte est animée par la présence de quelques élèves et de deux abbés, dont l’un porte le chapeau ecclésiastique. Voyez les détails vestimentaires de l’époque : cols blancs, pantalons pour les grands élèves, les plus petits sont habillés autrement (culottes et grands bas qui couvrent les jambes).

Une date ? Le verso de la carte est vierge de toute écriture. Un petit cercle avec, en son centre, une étoile est imprimé dans le coin inférieur gauche. Il contient les mots « Photographie. Desaix. Bruxelles ». Cette série de cartes semble avoir été diffusée dans les années 1910.

Carte postale 21 : Jardin d’expériences

jardin d'expériences
Ce jardin occupait l’emplacement de l’actuelle « Cour du Bas ». Le mur du fond est maintenant percé d’une porte qui donne accès au moulin et les arcades sont murées, ce qui change très fort la physionomie du mur.

Au centre du jardin d’expériences, une vasque rectangulaire aux angles arrondis, qui a été supprimée quand la cour a été recouverte d’un tarmac, beaucoup plus tard.

La cheminée de la brasserie (aujourd’hui disparue) dépasse la toiture.

Comparez cette carte postale avec la suivante, intitulée « Œuvre des Missions. – Petit Séminaire de Floreffe ».

moulin
Dans le grand mur qui soutient le chemin d’accès au Séminaire, on distingue très bien les grandes arcades, qui n’ont pas encore été bouchées. Ce mur et la Porte Blanche toute proche, qui donne accès au Séminaire, sont parmi les derniers travaux importants réalisés à l’abbaye. Ils datent d’environ 1790, sous l’abbatiat de Jean-Baptiste Dufresne. Avant, la pente naturelle du terrain avait été conservée.

L’annexe du moulin qui rejoint le mur des terrasses prolonge la toiture du moulin et se termine en croupette. Disparue aujourd’hui, elle est ici bien visible. Elle faisait partie des aménagements pour la brasserie.

Carte postale 20 : Le colombier

colombier 1912

Le colombier a été édifié vers le milieu du 17ème siècle, sous l’abbatiat de Charles de Severi. C’est le temps de l’art baroque. À Floreffe, beaucoup de réalisations datent de cette époque : les stalles, le réfectoire, la salle du chapitre, les murs des terrasses et les tourelles, la galerie toscane, etc.

Comme son nom l’indique (« pigeonnier » ou « colombier »), ce bâtiment servait à abriter des pigeons domestiques. L’appellation de colombier est réservée au pigeonnier « à pied » : un bâtiment isolé, en forme de tour – comme ici –, dont les parois intérieures sont intégralement occupées par les nichoirs (boulins).

Les colombiers étaient un privilège réservé aux grands propriétaires terriens. C’était la marque d’un statut, le signe d’une importance économique. L’abbaye de Floreffe était en effet une des plus riches du comté de Namur. Les pigeons étaient un mets apprécié. De plus, leur fiente constitue un engrais précieux et très recherché pour les cultures exigeantes (vigne, potager, verger…).

Sur cette carte postale envoyée en 1912, un étang baigne un côté de l’édifice. Au 18ème siècle, il était deux ou trois fois plus vaste et la tourelle était isolée au milieu de cette étendue d’eau. L’étang était alimenté par le ruisseau du Wéry et fournissait la force motrice pour le moulin-brasserie et pour deux autres moulins qui le suivaient. Sur notre document, le colombier n’a pas encore les annexes qui seront construites plus tard.

En 1819, l’abbaye voit ses locaux occupés par un petit séminaire. La superficie de l’étang sera réduite et remplacée par un potager. À la fin des années 1930, M. Joseph MOREAUX et son épouse Esther ANDRÉ s’y installeront, lui, en qualité de jardinier, elle, occupée aux cuisines du Séminaire, alimentées en légumes frais par le potager. La famille MOREAUX en déménagera vers 1970, à l’époque des travaux de la N90.

Le colombier est aujourd’hui la propriété de la Commune de Floreffe. Il a été restauré en 2009-2010. Il est prévu qu’il soit entouré d’eau, comme il l’était à l’origine.

Nous avons glané ces renseignements auprès de Jean LOMBET (collaborateur habituel et précieux), Ghislaine LOMBA (Nouvelles Glanes, numéro 22) et André LESSIRE (Nouvelles Glanes, numéro 2). Qu’ils en soient vivement remerciés.

Carte postale 19 : Pique-nique

pique-nique
La carte mentionne « Œuvre des Vieux Journaux », comme d’autres. Probablement le ramassage des vieux journaux permettait-il de récolter de l’argent pour une œuvre caritative. L’édition de cartes postales poursuivait le même but.

La scène se passe environ en 1902 (date d’envoi de la carte postale). Les élèves sont en train de pique-niquer dans la campagne, pour une circonstance particulière : ils sont assis ou debout, tous mangent, tous sont sur leur trente et un.

Remarquez les différentes sortes de chapeaux. Des canotiers, rigides, élégants, avec un ruban assez large. D’autres, en paille, légers, plus souples, de deux modèles différents, qui ressemblent aux chapeaux que l’on met pour faner ou aller au jardin.

Sur la gauche, appuyée contre un arbre, une bannière, aux bords frangés, dans un tissu assez lourd, par exemple en velours. Ce doit être une bannière d’association, typiquement pour procession ou défilé. Elle n’est pas destinée à flotter. C’est l’indication supplémentaire que nous avons affaire ici à une grande sortie, au caractère collectif et ostentatoire.

Carte postale 18 : Place de Floreffe

place de Floreffe

La vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui.
Voici le commentaire que j’avais rédigé en 2005 pour cette carte expédiée en 1905, destinée à être affichée au tableau du salon des professeurs, au Séminaire.

C’est sûr : la place de Floreffe était moins encombrée en 1905 qu’en 2005…
Le magasin « Delhaize Frères » a laissé sa place au bureau de police, le café « Le sportif » n’existait pas encore, mais la boulangerie « Robaux », signalée par un store, était déjà une institution (dont on fêtera dans trois ans le 175ème anniversaire !).

Les maisons Thonnard et Preudhomme, à l’avant-plan à gauche, ont conservé en grande partie leur aspect d’origine, la haute demeure au bout de la rue (aujourd’hui occupée par notre collègue Vincent Houbart) a fière allure.

À noter : la mention « cliché de M. Motus ». L’abbé Motus fut proviseur au Séminaire (où il séjourna environ 50 ans, de 1891 à 1940) et il prit un grand nombre de photos du Séminaire et du village.

Oui, en dix ans le commentaire a pris un coup de vieux.Le café « Le sportif » n’existe plus. La famille Thonnard a déménagé, Francine Preudhomme est décédée. La « haute demeure au bout de la rue » a changé de locataire.

Ouf ! La fin est toujours exacte, à propos de l’abbé Motus. Le passé très ancien reste toujours d’actualité…

Carte postale 17 : Orage, inondation, 14 mai 1906

Les deux cartes postales suivantes font partie d’une série de treize clichés de l’abbé Léon Motus.

La première, « Orage, inondation, 14 mai 1906, 6 h. du soir. L’Eau dévalant du Buzet vers la Sambre », est une photo prise depuis le bas de la côte qui mène au Séminaire, au-devant de la Porte Blanche.

Orage, inondation (1)
Ce jour-là, un orage exceptionnel s’est abattu sur Floreffe et les villages avoisinants (Bois-de-Villers, Sart-Saint-Laurent).
D’où venaient les eaux ?
Du Wéry, le ruisseau qui passe dans Floreffe. Le bassin versant de ce ruisseau se subdivise en deux sous-bassins : l’un orienté vers Buzet et reprenant une grosse partie du bois de la Marlagne (en cet endroit, il est appelé soit le ruisseau de la Marlagne, soit le ruisseau de Floreffe) ; l’autre est orienté vers Sart-Saint-Laurent. Un des rus qui l’alimentent prend sa source à la « Fontaine Saint-Laurent ».
Les deux sous-bassins se rejoignent derrière le restaurant « Le Relais gourmand ».

Pourquoi ces précisions ?
Elles montrent que le bassin versant du Wéry est étendu. Et si l’orage est resté longtemps sur place, on comprend mieux que le bassin du Wéry, pris dans son ensemble, ait reçu une quantité très importante de précipitations. (renseignements fournis par M. Bernard SOUGNEZ)

À gauche, sur la photo, on distingue les bâtiments de la brasserie PÊTRE, aujourd’hui démolis. L’abbé Lombet (élève au Séminaire de 1946 à 1954) se souvient que la cheminée du moulin-brasserie (disparue également) avait été construite par la brasserie PÊTRE, qui a fonctionné jusque dans les années 40 et a occupé une partie des bâtiments du moulin. « À midi, au réfectoire, on buvait de la bière de la brasserie Pêtre. »

La deuxième photo est intitulée « Orage, inondation, 14 mai 1906, 6 h. 45 du soir. Aspect de la route depuis la cure jusqu’à la succursale Ad. Delhaize ».

Orage, inondation (2)
La photo est prise depuis le porche qui mène au moulin-brasserie et à l’école primaire, presque en face de l’ancien presbytère. La route est devenue un torrent, longeant le mur du bâtiment appelé maintenant le Landoir. On voit l’auvent d’un monte-charge, aujourd’hui disparu, qui servait à monter les grains. Il faisait partie du dernier moulin qui a fonctionné là-bas. Cet espace a été occupé par une centrale électrique qui fournissait le courant au Séminaire. Au milieu de la route : une charrette renversée, emportée par les eaux.

Carte postale 16 : Quartier du proviseur

quartier du proviseur
La carte postale a été expédiée en 1922.

À droite, sur la photo : les anciennes écuries, dont l’étage était occupé par l’atelier de menuiserie. En 1952-54, se souvient l’abbé Lombet, les deux premières travées à gauche étaient encore une remise à charrettes. Actuellement, au centre de ce local, une poutre verticale de soutènement repose sur une pierre taillée en chasse-roue. Les charrettes avaient un moyeu qui ressortait très fort, il fallait éviter qu’il accroche le montant.

Pendant l’année scolaire 1946-47, on a aménagé le premier étage et le grenier du Quartier du proviseur en chambres pour les philos. C’est alors que les lucarnes qu’on voit encore dans la toiture ont été agrandies (seules les deux lucarnes des extrémités sont d’origine) et qu’on a construit un passage abrité vers l’étage du bâtiment des écuries, pour y aménager deux classes et une chapelle pour les philos. La toiture du bâtiment des écuries a été refaite.

Élément remarquable : les parterres, qui existaient encore entre les deux guerres. L’abbé Dejardin, professeur au Séminaire de 1929 à 1971, a connu le pavage complet de la cour verte.

La petite vasque centrale se trouve maintenant au jardin suspendu.

Carte postale 15 : Cour verte et portique

cour verte et portique
La cour verte portait bien son nom en ce temps-là – l’envoi est daté du 1er mai 1902. Une prairie bien rasée par des vaches qui broutent paisiblement, la végétation luxuriante qui recouvre le jardin suspendu, les tilleuls, à droite, qui sont plantés depuis peu de temps : l’aspect bucolique de la scène aurait valu au Séminaire le label « Une école à la campagne » !
À propos de l’appellation « jardin suspendu », employée aujourd’hui (et depuis longtemps déjà), remarquez qu’elle n’intervient pas ici. La carte postale est intitulée « Cour verte et Portique ». Jean-Marie Nahon, sorti de rhéto en 1949, nous confirme qu’il n’a jamais entendu parler de « jardin suspendu » pendant ses humanités. Il nous a montré une autre carte postale, datant des années 1930-40, où l’on voit à peu près la même scène (les vaches en moins). La prairie a fait place à une pelouse, entourée de bordures, et à des allées couvertes de gravier (comme aujourd’hui). Mais la carte est aussi intitulée « Séminaire de Floreffe. Portique de la Cour Verte (XVIIe s.). Grotte et Jardin. »

On ne faisait pas de distinction entre le bas et le dessus de la cour verte, explique Jean-Marie Nahon. Quand je me rendais, ainsi que d’autres, chez M. Van de Cauter pour mon cours de piano, je disais : « Je vais chez Véhicule, dans la cour verte, près du portique. » « Véhicule », c’était le surnom de M. Van de Cauter. Il habitait le pavillon carré juste à côté du portique, dont deux fenêtres donnent sur la Sambre et deux sur la cour verte.

Le pavage, ici, est encore inexistant. Nous sommes en 1902 et il ne sera réalisé qu’entre les deux guerres.

 

Carte postale 14 : Floreffe – la grande rue

grande rue
Au pied du Séminaire : cette splendide maison, à l’architecture très claire (trois travées, reprises au-dessus). À l’origine en pierre, comme sur cette photo, elle présente aujourd’hui un parement de briques. Le bâtiment à l’arrière n’existe plus.

La scène est animée.
Un cycliste, bien droit sur son vélo, coiffé d’une casquette, se dirige vers nous.
En face de lui, un chariot assez bas, avec deux petites roues à l’avant, tiré par un cheval.
Une voiture de livraison d’un boulanger est à l’arrêt. L’inscription « PAINS » se lit sur le côté. C’est la voiture de la boulangerie Robaux, située quelques mètres plus bas et qui existe depuis 1833. On la distingue sur une autre carte postale, en stationnement presque devant la boulangerie.
Devant le mur placardé d’affiches, une borne-fontaine, en fonte.

De quand date la scène ?
Le verso de la carte postale est divisé en deux et comporte le texte, l’adresse et le cachet postal. Cette présentation a été adoptée après 1905.
Le texte est écrit par un élève du Séminaire, A. Honin. Il l’envoie de Floreffe à ses parents en Allemagne. Comme le cachet et le timbre sont allemands (« Deutsches Reich »), la carte a été écrite pendant la guerre 1914-18.
Donc, la scène doit être datée entre 1905 et 1918.